Les différents conducteurs

Le choix des conducteurs

Il vous faut savoir choisir les conducteurs qui vous sont vendus sous de nombreuses formes. Ces conducteurs servant à véhiculer le courant dans les différents circuits de commande et d’utilisation, ils doivent répondre à des besoins bien définis. Pour des raisons que l’on conçoit aisément, ces conducteurs ne doivent pas être nus mais isolés en fonction de la méthode choisie pour le montage. La plupart des conducteurs sont en cuivre rouge soit rigide (fils lumière), soit souples (cordelières volantes).

les conducteurs

Actuellement, les conducteurs en aluminium se rencontrent de plus en plus sur le marché mais leur technique de pose est un tant soit peu plus compliquée que celle des conducteurs en cuivre. Il est bien entendu qu’à section égale, un conducteur en cuivre pourra laisser passer une plus grande intensité de courant qu’un conducteur en aluminium. En effet, il ne faut pas oublier de subordonner la section des conducteurs à l’intensité de passage car on ne raccorde pas un moteur électrique comme une sonnerie.

 

Le fait de devoir conditionner la section du conducteur en fonction de l’intensité du courant de passage peut être comparée au calcul des 0 de tuyauteries pour fluides où le débit résulte du diamètre et vise-versa. En électricité, ceci se justifie du fait que chaque conducteur possède sa propre résistance et que celle-ci a pour effet d’élever la température du conducteur proportionnellement au débit de passage. Ce phénomène répond à la fois à la loi d’Ohm et à l’effet Joule bien connu. Vous devez donc choisir la section de vos conducteurs de telle manière que son échauffement soit compatible avec la bonne conservation de son isolant. D’autre part, pour les conducteurs de grande longueur, la chute de tension résultant de sa résistance ne doit pas être trop forte.

D’autre part, l’isolant du conducteur doit être choisi en fonction du mode de montage choisi. On admet généralement que les fils isolés à 600 mégohms/kilomètre conviennent au montage sous moulures tandis que ceux isolés à 1.200 mégohms peuvent être montés sous tubes.

De ce fait, il existe de nombreux types de conducteurs, différenciés par leur mode de montage et leur utilisation. A chaque achat de conducteur, spécifiez au marchand la destination de votre fil. A ce sujet, contentons-nous de distinguer les conducteurs rigides et souples. Les premiers sont réservés aux installations fixes sous tubes, sous moulure, etc…, tandis que les câbles souples servent à relier les appareils mobiles. Ces câbles souples sont parfois employés en installations fixes sur isolateurs mais nous devons déconseiller cette méthode.

Connections entre conducteurs.

Dans toute installation, il est nécessaire de « relier » les différents conducteurs entre eux aux endroits de branchements, de dérivations ou de prolongement. Ne fût-ce que pour prolonger un conducteur prévu initialement trop court, ces connections sont indispensables. Leur réalisations varie suivant la section et le mode de formation du conducteur proprement dit.

Les extrémités à connecter doivent être dénudées soigneusement sur une longueur de 6 à 8 cm. à l’aide du couteau. Evitez d’entailler le fil ou le câble de cuicre, ce qui en réduirait la section et les capacités électriques. Les extrémités dénudées doivent être décapées au papier de verre fin, croisées puis torsadées sous forme d’épissure . Terminez par une soudure à l’étain et au fer à souder. Si vous faites usage de conducteur rigide (fil-lumière), les torsades sont exercées à la pince, ce qui augmente le serrage des spires. Notez que les soudures à l’étain des conducteurs en cuivre sont facilités par l’étammage de ces fils. Par une dérivation, dénudez le conducteur prolongé sur une longueur de 4 à 5 cm. seulement tandis que le conducteur dérivé est torsadé sur le premier. En fil souple, les torsades de la dérivation sont réparties de part et d’autre du second conducteur.

Après avoir effectué la soudure, limez les bavures et isolez au chatterton de manière que le diamètre final ne soit pas trop supérieur à la partie isolée.

Pour simplifier le travail de connections, vous pouvez employer des serres-fil métalliques munis de vis à pointeau. Qu’il s’agisse d’un prolongement ou d’une dérivation, les extrémités des conducteurs sont dénudées sur 15 mm. environ de longueur puis vissées dans le serre-fil. Ce dernier doit être également isolé au chatterton. Dans les installations provisoires, on utilise parfois des serres-fil de porcelaine. Ces serres-fils se rencontrent sous forme de domino de porcelaine ou sucre pour 1, 2 ou 3 conducteurs. Ces dominos sont souvent employés en lustrerie pour le raccordement de l’appareil à la rosace du plafond. Un modèle spécial de domino existe également pour les montages sous moulures en bois ; il se ferme par un couvercle approprié, en matière isolante (plastique ou porcelaine).

Les conducteurs sous moulures.

Bien que cette méthode de pose ne se distingue pas par son esthétique, nous la décrirons entièrement étant donné qu’elle reste entièrement à la portée de tous les amateurs. Il vous faudra cependant faire preuve d’initiative et de bon goût pour rendre ces moulures aussi imperceptibles que possible ou les prolonger symétriquement à une fenêtre ou une porte.

Bien entendu, ces moulures sont achetées au mètre et restent très économiques. Elles permettent de guider les conducteurs sur toute leur longueur et sont profilées pour deux ou trois conducteurs et se vendent dans différentes largeurs généralement comprises entre 8 et 30 mm. Le premier travail consiste à déterminer le nombre de fils par moulure ainsi que leur tracé sur Ici murs et plafonds. Pendant la seconde phase du travail, posez les moulures par scellement dans les cloisons. Passez les fils, procédez aux différentes connections et mettez enfin en place les couvercles des moulures. La fixation des moulures se fait en enfonçant au marteau des pointes entre les rainures réservées aux conducteurs tandis que les couvercles se vissent ou se clouent à l’endroit de l’empreinte gravée dans le couvercle. Les clous et les vis doivent être enfoncés perpendiculairement à la moulure avec un espacement de 30 cm. environ. Vous utiliserez la traditionnelle boîte à onglets pour le débitage des moulures et des couvercles. Pour rendre les joints moins visibles, le prolongement d’une moulure droite  se fait avec joints à 45° et vous veillerez particulièrement à ce que les joints des moulures soient alternés avec ceux des couvercles. Un changement de direction à 90° se fera également à la boîte à onglets. Mais une dérivation peut être assemblée de deux manières : soit à joint vif , soit en biseau. Il arrive également que dans certains endroits, les moulures doivent être cintrées. Pour ce faire, donnez quelques traits de scie à mi-profondeur de la moulure avant de la cintrer à la forme voulue. Il est bien entendu que la courbure dépend du rapprochement donné aux traits de scie. Dans ce cas, les points de fixation doivent être plus rapprochés qu’en ligne droite (10 cm.).

Dans les dérivations, la cloison séparant les deux conducteurs doit être découpée pour permettre le chevauchement des deux conducteurs. Lorsqu’à l’entrée d’un circuit, il est nécessaire d’installer des fusibles, ceux-ci peuvent être montés en les intercalant dans une coupure de moulure. Vous pouvez également adopter la disposition, qui a l’avantage de mettre les fusibles plus à portée de main. Dans les locaux particulièrement humides (caves et salles d’eau) les moulures doivent être montées sur tasseaux écartés de 30 cm. environ.

Les conducteurs apparents.

Cette méthode de montage doit être réservée aux locaux non habités ou humides et utilise des isolateurs de formes diverses. Quel que soit le type d’isolateur employé, les conducteurs doivent toujours être espacés du mur de 8 mm. environ et distants entre eux de 15 à 20 millimètres au moins.

Les isolateurs à gorge du type se vissent dans un blochet préalablement scellé dans le mur. Ces isolateurs sont distants de 30 cm. en ligne droite et leurs positions doivent coïncider deux à deux. La fixation des conducteurs tressés se fait très simplement bien que la méthode ne soit pas recommandable. Il suffit dans ce cas d’écarter les brins de la torsade et de les tendre dans la gorge de l’isolateur. Pour les conducteurs rigides, l’arrimage se fait par une torsade à l’aide de fil de fer recuit ou de fil de cuivre. Dans le cas d’installation extérieure à des bâtiments annexes (ateliers, garages), les isolateurs seront groupés sur des potences ou consoles métalliques, préalablement scellées dans la maçonnerie. Enfin, il existe des isolateurs à rainures dont les conducteurs sont fixés par un couvercle vissé. Ces isolateurs se font pour 2 ou 3 fils.

Les conducteurs sous plomb.

Les installations par fils sous plomb sont parmi les moins visibles. Grâce à leur blindage en plomb, ces conducteurs conviennent aux endroits humides. Il vous suffit, après avoir tracé les cheminements, de fixer par clouage des attaches de laiton dont la longueur varie suivant la section du câble et le nombre de ses conducteurs. Ces attaches seront écartées de 30 cm. également. Les courbes seront réalisées en cintrant les conducteurs à plat. Evitez les torsades tandis que les dérivations doivent être réalisées sous boîtes ad-hoc.

Les conducteurs sous tubes.

Cette dernière méthode permet d’encastrer les conducteurs dans les enduits et reste la préférable dans un immeuble en cons- tructino. A l’exception des couvercles de boîtes de dérivations, toutes les canalisations encastrées sont rendues invisibles. La méthode de pose est simple mais exige l’opération d’enfilage. Ceci nécessite un peu d’expérience te revient un peu plus cher que les installations sous moulures ou par fils sous plomb. Ces tubes de tôle sont revêtus intérieurement d’un isolement supplémentaire. Pour sectionner ces tubes, vous utiliserez soit une simple scie à métaux, soit un serre-tubes à trois molettes. Les courbures se réalise assez, facilement à l’aide d’une pince spéciale. La face plissée du tube est formée à l’intérieur de la courbure. Le rapprochement des coups de pince détermine la courbure obtenue.

Le travail préparatoire consiste à former des saignées dans les cloisons et pour cette raison, ce premier travail de pose doit être réalisé dans une construction neuve, avant le passage des plafonneurs. Après pose, ces tubes peuvent être encastrés dans les enduits ou recouverts de caches-gaine en bois ou en tôle.

L’assemblage de deux tubes rectilignes se fait par deux coquilles demi-circulaires, serrées entre deux bagues métalliques. Le même procédé doit être utilisé pour l’assemblage des coudes et des jonctions. Lorsqu’une dérivation doit être réalisée, poser une boîte spéciale avec couvercle à baïonnette et 3 ou 4 sorties. La fixation de ces tubes se fait par des cavaliers. Lorsque ces cavaliers sont prévus pour un seul tube, ils ne comprennent qu’une seule patte de fixation.

Pendant la pose de ces tubes, vous enfilerez autant de fils de laiton qu’ils devront contenir de conducteurs. Ces fils non isolés ne servent évidemment pas comme conducteurs mais à tirer ces derniers après la pose complète de tous les tubes constituant une installation. Les conducteurs utilisés sous tubes sont du type rigide, souvent dénommés fils-lumière. En cuivre rouge recuit et étamé, ils sont isolés extérieurement d’un ruban caoutchouté de couleurs différentes : rouge, bleu et jaune. Les professionnels ont l’habitude de réserves les conducteurs bleus pour l’alimentation des appareils d’éclairage tandis que les circuits de commande sont en rouge et jaune.

Les traversées des murs et plafonds.

Quelle que soit la méthode de montage adoptée, les traversées de murs, cloisons et plafonds ne peuvent comporter aucune connection et ccei, pour une simple question d’accessibilité. Tout le long de ces traversées, les conducteurs seront protégés efficacement contre l’humidité ascensionnelle des maçonneries et les déformations mécaniques qu’ils peuvent subir (tassement). En pratique, à l’endroit d’une traversée de mur, les conducteurs seront enfilés dans un tube métallique ou en matière isolante de forte résistance. Evitez les tubes en aluminium qui réagissent avec la chaux du mortier.

Pour poser des tubes dans les plafonds, il faut commencer le travail avant la pose du plancher supérieur. Les solives sont localement entaillées proportionnellement à la section des tubes et ceux- ci y seront fixés par des cavaliers habituels.

Lorsqu’il s’agit de hourdis en matériaux durs, les tubes obligatoires sont fixés à même le hourdis avant la pose de la chape supérieure. Les tuyaux seront ensuite noyés dans cette chape qui ne devra contenir aucun matériau corrodant les tubes d’acier (cendrées basiques).

Pans tous les cas, les tubes protecteurs devront être arasés à leur sortie sous plafond et seront rendus indépendants du blochet de scellement pour la suspension de la lustrerie.